À la découverte de nouvelles facettes de notre personnalité: comment parler une langue étrangère nous change

Paris, le 16 novembre 2017 – Savez-vous que parler plusieurs langues peut nous influencer et changer notre perception du monde ? Maîtriser une langue autre que la sienne peut également révéler de nouveaux aspects de notre personnalité ou des traits de caractère jusqu’alors insoupçonnés.

Selon la théorie du relativisme linguistique de Sapir-Whorf, du nom des deux anthropologues américains qui l’ont développée, il existe une corrélation entre le langage parlé et la perception de la réalité qui nous entoure.

L’académie en ligne ABA English vous explique ici en quoi parler une nouvelle langue peut changer notre vision du monde :

Dans quelle langue vous sentez-vous aujourd’hui ?

Les idées préconçues que nous avons sur une langue peuvent affecter notre état d’esprit quand nous la parlons. Par exemple, si nous associons l’anglais au monde des affaires et que nous l’utilisons dans un contexte professionnel, le parler couramment peut nous rendre plus sûr et capable d’atteindre des objectifs prédéterminés.

Cela vaut aussi pour l’accent. Si nous nous sommes habitués à considérer l’anglais britannique comme plus sophistiqué, parler avec un natif du Royaume-Uni, avec son accent, nous semblera plus élégant que l’accent américain ou australien.

Parlons-nous en anglais … ou comme un Anglais?

La langue que nous utilisons peut également déterminer les sujets de conversation. Plusieurs études ont montré que les personnes bilingues traitent habituellement de sujets différents et utilisent un vocabulaire différent selon la langue dans laquelle ils s’expriment. Inconsciemment, il y a une tentation d’éviter les mots ou les sujets tabous dans une langue, alors que dans une autre leur utilisation ne pose aucun problème.

Dans ce cas de figure, on considère que l’anglais est l’une des langues les plus politiquement correctes et les plus respectueuses des différentes sensibilités culturelles et religieuses.

Les écureuils de Londres sont-ils tous des mâles ?

L’utilisation du genre joue un rôle important dans de nombreuses langues, en particulier dans les langues romanes telles que le français ou l’espagnol. Le fait qu’un mot soit masculin ou féminin dans la langue maternelle influence notre perception du concept.

L’absence de genre en anglais peut donc conduire à des malentendus avec ceux qui n’ont pas l’habitude d’associer un genre spécifique à certains mots. Par exemple, un Français peut se référer à un écureuil en utilisant le genre masculin (« He is so cute »), alors qu’un anglophone natif le fait avec le pronom neutre (« It is so cute ») s’il ne connaît pas son genre.

Vous avez un problème ? Faites appel à un bilingue

Les personnes bilingues ont tendance à être plus flexibles et ont plus de capacité à s’adapter, car leur cerveau est habitué à passer rapidement d’une langue à l’autre, comme s’il s’agissait d’un feu de circulation qui change de couleur par intermittence.

Ceux qui parlent plusieurs langues se meuvent facilement dans tout environnement social. De plus, les enfants bilingues d’âge préscolaire sont plus habitués, par rapport à leurs pairs monolingues, à résoudre des problèmes et ont moins de difficultés à se concentrer.

Keep calm and speak English

Lorsqu’on parle une autre langue que sa langue maternelle, on tend à adopter une approche plus rationnelle. La langue maternelle est associée au côté émotionnel et plus immédiat de notre personnalité : lorsque nous sommes tristes ou en colère, il est probablement plus naturel de nous exprimer dans cette langue. D’autre part, l’utilisation d’un langage acquis permet d’avoir une vision plus objective du même sujet, ce qui présente plusieurs avantages : en parlant dans une langue acquise, il est plus facile d’éviter les lieux communs et de choisir ses expressions avec plus d’attention.

Être capable de ressentir et d’exprimer une « émotion » dans une autre langue semble être un facteur déterminant lorsqu’il s’agit de marquer le niveau de bilinguisme, précisément parce que les émotions changent selon que la communication se fait dans une langue ou dans l’autre.

 « En partant de cette base », explique Maria Perillo, directrice académique d’ABA English, « il est très important qu’il n’y ait pas de « distanciation émotionnelle » dans le processus d’apprentissage d’une seconde langue. Apprendre par cœur n’est pas la même chose que vivre, parce que quand vous vivez, vous ressentez aussi des émotions. C’est pourquoi les courts-métrages ABA sont conçus pour rapprocher émotionnellement l’étudiant, l’immerger dans des histoires et des sensations, et vivre les émotions d’un dialogue ».

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